Film BARAKA

Réalisé en 1992 par Ron Fricke, Baraka est un projet atypique de film non narratif.

 Un retour au cinéma pur où les images se mêlent aux sons et à la musique pour créer du signifiant sans jamais recourir aux dialogues ou à une intrigue. Loin du trip zen ou du clip musical, Baraka crée du sens grâce à la magie du montage et du choix de plans absolument sublimes, l’équipe du film ayant parcouru les quatre coins du monde pour y capturer des séquences disparates et pourtant homogènes, montrant l’humanité dans ses travers mais aussi dans sa beauté. Mêlant scènes de rites, images de la nature dans sa forme la plus brute, moments de la vie quotidienne ou encore de travail à la chaîne, Baraka tente assez habilement de dresser un portrait de notre planète aussi lucide que nuancé.
Le film atteint même parfois un état de grâce quasi métaphysique, sans jamais porter de jugement sur ses protagonistes accidentels, bien qu’on sente poindre l’ébauche d’un discours humaniste certes un brin consensuel mais ô combien poignant. Vingt cinq ans après sa sortie Baraka n’a rien perdu de sa force et reste l’un des plus beaux films du monde dans tous les sens du terme.
Au-delà des mots, au-delà de la narration, au-delà du cinéma tel que nous le percevons, “Baraka” est un poème visuel d’une beauté fracassante, nous plongeant dans un monde, le nôtre, avec toute la complexité qui le caractérise, s’attardant sur les étranges êtres qui y résident, sur leur environnement, sur leurs croyances, sur leurs coutumes, sur leur existence tout simplement. Comprenant que les images sont parfois plus frappantes que les mots, “Baraka” ne fait pas abstraction des horreurs commises par l’humanité, nous mettant également en garde contre une industrialisation dévoreuse de terre, de ciel, et surtout d’êtres humains.
Une oeuvre forte, exigeante, véritable expérience sensitive qu’il serait fou de rater.

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